9:50:40
Voilà l'aboutissement de plus de 340h d'entraînement depuis
Janvier, de quelques €€€ dépensés dans le matos, les inscriptions, le
gasoil et les logements.
Tout ceci est bien évidemment un réel
plaisir et je ne fais rien à contre cœur. Je dois bien avouer qu'en
Normandie et sa météo quelque peu capricieuse, a rendu difficile la phase d'entrainement.
Alors voilà comment s'est passé le Dimanche 12 Juillet chez nos amis Allemands:
Madame
avait mis son réveil à 4h histoire de se maquiller et tout pis tout
tandis que moi j'enfilais mon habit de lumière et mangeais mes
Gatosports.
Comme d'habitude,ils avaient du mal à passer du fait que je n'avais pas faim (merci le stress...)
Une
fois que Madame était toute belle, départ de l'appart à 4h35, direction
Hilpolstein pour éviter les bouchons et arriver sereinement au parc
vélo.
Me
voilà donc dans le parc à 5h15, tout se déroule parfaitement bien, zéro
stress maintenant que je suis arrivé à bon port dans les temps !!! Je
rejoins mon fidèle destrier pour vérifier que les boyaux sont
toujours gonflés et que rien n'avait disparu. Tout est encore sur place,
c'est formidable !!!
Je
bois tout le temps des petites gorgées d'EFS et je prends 2 Imodium
Lingual en préventif pour éviter tout problème gastrique comme à
Francfort.
Après quelques aller-retour aux WC, il est temps de
préparer le bike. Je mets 3 paquets de bonbons dans la bento box, je
place les 2 bidons bien frais dessus et je vais placer mon sac Red
(Bike) à son emplacement pour que je puisse le récupérer à la sortie de
l'eau.
Après encore quelques minutes, j'enfile enfin le
bas de la combi et je sors mes lunettes dans lesquelles je mets un peu
de produit Arena anti-buée qui fonctionne parfaitement. Je donne mon sac
Green (After Race) à l'organisation qui va le transférer à T2 pour le
récupérer à l'arrivée.
Ça y est, je suis dans le sas de départ de ma
vague avec les autres bonnets verts, ma combi est enfilée, la vaseline
est mise (sur le cou hein).
On nous fait descendre dans l'eau du
canal qui est à 22 dégrés, c'est juste parfait, j'entend le coup de
canon qui signale le départ de la vague d'avant nous, c'est juste
impressionnant le nombre de spectateurs sur le pont et sur le bord du
canal !!!!
🏊 Le coup de canon est donné et ce coup là c'est bien !!!!
J'appuie
sur la Garmin et c'est parti pour 3800m de natation. Je me suis mis
dans le milieu de la vague car je suis avec les Sub 9h donc c'est censé
être des avions de chasse mais...ça n'avance pas !!! Les mecs ont du
oublier leurs bras je pense car je sens bien que je ne me suis pas
transformé en Mickael Phelps dans la nuit !!! Je me retrouve donc à
monter sur les mecs pour pouvoir choper les bons pieds et une bonne
vague... Très vite, je repère un p'tit gars avec une combi Zerod
Vanguard qui a exactement la même nage que moi
C'est marrant car
nous sommes synchro dans les mouvements de bras et les respirations sauf
que lui respire à l'inverse de moi donc nous sommes face à face tous
les 2 mouvements❤
Le gars devait l'avoir déjà fait car nous nagions
le long de la berge pour éviter les nageurs et nageuses partis avant
nous. La natation était parfaite, sans bouchon jusqu'au 1er demi tour à
1450m. À partir de ce moment là c'était la misère, il fallait zigzaguer
entre les pataugeurs mais heureusement que mon poisson pilote gérait la
situation
Le 2ème demi tour au 3400m était également chaud à
passer, j'ai d'ailleurs pris un coup qui m'a enlevé la lunette, que j'ai
replacé en mode Flash Gordon sans perdre de temps.
Et voilà, la
natation est terminée en 57', sans n'avoir jamais réellement forcé et
fait monter le cœur, merci à mon copain nageur qui m'a empêché de
m'endormir
🏊🚴T1 se passe bien, je sors de l'eau et
chope mon sac direct sans chercher, place ensuite aux 180km de bike dans les alentours de Roth.
Le
parcours a pour réputation d'être plat mais j'ai tout de même 1388m de
dénivelé à ma Garmin, bon c'est pas l'Altriman mais quand même !!!
Les consignes du coach étaient claires:
Toujours penser à SA course sans se focaliser sur celle des autres, c'est la clé de la réussite
Me voilà donc posé sur le bike et les kilomètres défilent avec des sensations qui ne sont pas au top niveau
J'ai
pensé un bref instant à un jour sans jambes, comme il peut en arriver,
puis je me suis rappelé que lors de ma dernière sortie de 4h allure IM,
les jambes ont mis 30' à se mettre en route...
Je prends donc mon mal en patience et j'en profite pour manger mes bonbons et boire ma boisson EFS
Je me fais pas mal doubler mais je double aussi beaucoup...de nanas
M'en fou ça fait toujours plaisir !!!
Je
viens à penser à ma chérie et j'espère que le temps n'est pas trop long
pour elle, qu'elle va bien et qu'elle ne s'est pas perdue !!!
Tout
d'un coup, au milieu de rien, sur le bord de la route, je la vois avec
son joli minois, toute souriante et là j'ai vraiment eu un coup au cœur,
j'ai senti les larmes monter et je me suis dit que j'avais de la chance
d'avoir un pti bout de femme comme elle à mes côtés
Voilà le petit coup de boost qui me fallait pour retrouver les jambes !!!
Les
kilomètres tout seul, je mange et bois aisément sans dégoût et ça c'est
trop cool par contre je me fais piquer au mollet gauche par une
bestiole. La piqure est douloureuse donc je l'arrose et je me dis que ça
va passer
Le bitume est de super bonne qualité, les villages sont
remplis de badauds qui nous encouragent et tapent dans leurs mains le
plus fort qu'ils peuvent, ça fait chaud au cœur !!!
J'arrive au kilomètre 70 et je sais qu'un monument du triathlon m'attend: La montée de Solarberg !!!
Des
milliers de personnes sont au milieu de la route, les gens s'écartent
au dernier moment pour te laisser passer, c'est tout simplement de la
folie, une chose à vivre pour chaque triathlète vivant sur cette
planète
Emilie m'a raconté que les gens habitant dans cette bosse
ont sorti les tables de camping, un mec a même fait des toasts qu'il a
tenté de donner aux triathlètes mais il n'a pas eu de client
Il les
a donc distribué au public puis il a sorti des bonbons et un triathlète
en a pris un, c'était le plus beau jour de sa vie
Le DJ qui était
sur l'estrade en bord de route a fait faire plusieurs fois la Ola au
public sur au moins 1km, c'était trop beau d'après Emilie
Enfin vous comprenez bien que c'était une ambiance de folie et des moments inoubliables à vivre de toute urgence !!!!
Emilie m'a filmé dans Solar mais je n'ai qu'entendu sa voix
Il
y avait un nombre impressionnant d'arbitres sur le parcours vélo, je
n'ai quasiment pas vu de drafting et je dois dire que ça fait plaisir à
voir !!!
D'ailleurs, Challenge à mis en place un "tour de la honte"
de 1km que les triathlètes ayant drafté doivent effectuer. Je trouve que
c'est une très bonne initiative !!!
Je pose donc le bike en 5h10
sans jamais avoir réellement forcé, les jambes sont vraiment fraîches
sans aucune douleur ni crampe. J'ai bien bu, bien mangé, j'ai pris un
Imodium Lingual au cas où, et je me suis bien aspergé grâce aux très
nombreux ravitos de l'organisation (tous les 12,5km). Les ravitos
étaient très bien achalandés et bien organisés avec des bénévoles
survoltés !!!
Je suis content en voyant 5h10 sur la Garmin, je me dis que Sub10 est faisable alors je pars confiant sur le marathon.
🚴🏃T2
se passe bien, durant les premières foulées pour aller jusqu'à la tente
de changement je ne sens aucune douleur au dos, tous les voyants sont
au vert !!
Je prend mon temps pour changer de chaussettes, pour mettre ma visière, prendre ma Flask EFS et mes lunettes de soleil Rudy
🏃Je
m'arrête au ravito qui est juste à la sortie de la tente, je prends de
la pastèque, je m'asperge et c'est parti pour 42km
Je pars en rongeant mon frein, je veille à ne jamais être sous les 5'/km car je sais que je le payerai plus tard.
Je n'ai aucune douleur nulle part, les jambes vont bien, les ravitos font du bien.
Je
n'en saute aucun car je sais très bien qu'au début tout va toujours
bien mais au fur et à mesure que les kilomètres défilent le corps en
prend un coup et demande du carburant !!
Je mange mon EFS et boit de
l'eau et du coca, tout passait bien, puis, au bout de 4km, je sens que
le ventre a un comportement bizarre !!!
Je prends un Imodium que j'avais scotché à ma Flask EFS et boit un coup d'eau.
Entre
le kilomètre 4 et le 15ème, je sentais que j'avais le ventre lourd, je
sentais le liquide bouger dans l'estomac. Pas de panique, pas de stress,
ça va passer, il faut que ça passe !!!
Je sais que c'est un moment
crucial de la course, il faut que je continu à manger même si à chaque
fois je suis à la limite de tout régurgiter
Si jamais je ne mange
pas et ne bois pas, je le payerai cash au bout de 20km alors je me fais
violence. Du kilomètre 15 jusqu'au 20ème, je sens la sensation
bizarre passer et je vois Emilie et lui dis que tout va bien.
Je m'arrête au ravito et là, je DÉGLINGUE TOUT !!!
Je
mange des gels de l'organisation à la vanille qui sont trop bons, des
bouts de pastèques et des fruits secs. Je bois au moins 3 verres de Coca
et de l'eau qui était malheureusement tiède
Il y a même une nana
de l'orga qui me propose un truc à mettre sur la pastèque alors
j'accepte en pensant que c'est du sucre mais c'était...DU SEL
J'ai
failli vomir !!!! Je suis resté bien 5 vraies minutes mais qui m'auront
vraiment fait du bien
Le moral remonte instantanément et les jambes aussi. Je suis un autre homme en sortant de ce ravitaillement !!!!
Au
bout de 2km, je sens que les jambes sont là, alors je décide de
dérouler et d'enquiller pour voir ce que j'ai dans le sac. Le coach
avait dit d'aller entre 5' et 6' au kilo pendant au moins 21km et
d'aviser par la suite.
Je prends le risque, je galope tellement bien
que je me demande si je vais tenir tout le long comme ça alors je
cogite...puis je galope encore et on verra bien !!!
Je pense à vous
derrière vos écrans, à ma chérie qui voulait que j'arrive avant 17h
parcequ'après "c'est un petit peu long quand même !!!".
Le deuxième
semi passe à toute allure, je redouble des zombies qui m'avaient atomisé
en bike ou à pied et ça et bah ça redonne encore plus la pêche
Je continu de m'asperger, de boire et de manger au cas où !!!
Je reconnais la route du retour, ça sent bon l'écurie bon dieu !!!
Dernier coup de cul et là des débuts de crampes font leur apparition à l'insertion du mollet droit
Pas
grave, je suis à 3km de l'arrivée, je regarde pour la première fois
depuis le début ma Garmin pour savoir depuis combien de temps je suis en
course: 9h35
C'est bon ça, le calcul est simple, je suis à environ
4'50/km donc Sub10 est faisable, un Français sur le bord de la route me
l'annonce, je suis aux anges mais je dois m'arrêter 10" pour m'étirer
le mollet et je repars de plus belle, c'est dans la tête maintenant
bordel !!!
Je passe la ligne en 9:50:44
Je suis content de la gestion de MA course, des consignes du coach et de ma forme du moment.
Aussitôt
la médaille autour du cou, je vais me faire masser en vitesse pour ne
pas laisser Emi toute seule trop longtemps, déjà que la journée a dû
être longue pour elle aussi !!!
Je la retrouve avec un grand sourire encore plus heureuse que moi et je crois que c'est ça ma plus grande victoire aujourd'hui
Pour
résumer mon résumé, je dirais que je sens la progression par rapport à
Francfort dans la mesure où je nage plus vite avec beaucoup moins
d'entraînement que la saison passée.
J'ai roulé plus vite qu'à
Francfort sans jamais avoir la sensation de vraiment appuyer sur les
pédales et me mettre dans la zone orange et avec aucune douleur au dos
au même dans les jambes !!!
J'ai bien évidemment pu courir le
marathon complet sans réellement avoir de gros problèmes gastriques et
surtout en ayant couru en négative split !!!
Il n'y a qu'à regarder les données de la Garmin pour se rendre compte de la régularité du marathon
Les
progrès sont réels, ils sont maintenant inscrits et nous voilà, le
coach et moi, avec matière à travailler pour le prochain Ironman qui
aura lieu en Octobre à Barcelone !!!!
Sub10 n'a rien de ouf dans
la planète Ironman alors ne vous enflammez pas les copains, c'est bien
mais pas extra par contre pourquoi pas un 9h30 à Barcelone...


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